04/04/2011

Sahara : un lieu où des fleurs et des plantes ne croissent pas, mais où les personnes épanouissent.

Cela se nomme techniquement "campement"; ainsi ils insistent de l'appeler comme ça pour perpétuer la sémantique du provisoire, comme en disant "nous sommes ici, mais nous ne restons pas : ce n'est pas notre terre". Parce que son foyer est à l'ouest, occupé illégalement par le Maroc depuis 35 ans, séparé de ceux-ci par un mur, habité par les parents qui sont restés pour vivre sous le harcèlement de la stratégie de colonisation marocaine, qui essaie de peupler la zone pour gagner la bataille définitive de la démographie.

"Je suis né ici, j’ai vécu ici tout ma vie, mais ce n'est pas ma terre", dit Bedid, de 21 ans, l'une des milliers d'habitants des quatre campements saharauis. Bedid avait à peine quelques mois de vie quand les Nations Unies ont donné la raison à son peuple : on aurait à célébrer un référendum par lequel la république du Sahara serait une réalité émancipée et sa famille pourrait revenir à une maison. Les papiers disaient que cela arriverait dans 9 mois; ils ont passé 20 ans. On se dit rapide, 20 ans.


Il y a une vie humaine, très digne, dans des lieux du monde inclus plus hostile que le morceau de terre où les réfugiés saharauis vivent. Mais son état provisoire les a attachés à la misère : l'objectif n'est pas la prospérité mais la résistance et, à travers d'elle, obtenir une justice et pouvoir revenir à son pays. En attendant si ça arrive, ils attendent dans le désert, avec l’un des lutes plus dignes que l’humanité connaitra jamais. 


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